C’est vendredi, que lisez-vous ? Hildegarde Withers, émule de Miss Marples

Inspiré de «It’s Friday, what are you reading? » #FridayReads de LibraryThing, le rendez-vous hebdomadaire des membres de Listy et LibraryThing

Une légende tenace chez les lecteurs et les lectrices est de dénicher un auteur, un titre, une série que personne ne connaît. C’est une légende, mais il arrive de trouver un trésor méconnu, sans qu’on le cherche vraiment.

Je suis tombée sur l’émule américaine de Miss Marple ou plutôt sa consœur, dans mes recherches des romans policiers de Georgette Heyer.

Agatha Christie a introduit Jane Marple, consultante détective amateur du village de St Mary Mead dans une nouvelle de 1927 et publie le premier roman de son héroïne, « The murder at the vicarage », en octobre 1930 et quelque temps plus tard aux États-Unis.

« L’affaire Prothero », titre français, paraîtra en 1932.

Christie met en scène une femme âgée, célibataire, presque invisible aux yeux de la société qui observe et résout les mystères de son fauteuil.

Hildegarde Withers est l’héroïne créée par Stuart Palmer en 1931. 

Célibataire, institutrice dans une école primaire new-yorkaise, Hildegarde, la fin trentaine, est une variation de Miss Marple. Une variation dynamique, dégourdie.

Elle arrive sur grand écran dès 1932, interprétée par Edna May Olivier. Six films entre 1932 et 1936 verront le jour adaptés des romans. Quelques extraits du films peuvent être visionnées ici.

Stuart Palmer, romancier, scénariste pour le cinéma et la télévision, a écrit 14 aventures d’Hildegarde Withers de 1931 à 1963. Des romans, des recueils de nouvelles, des feuilletons publiés dans le Los Angeles Times (1934) et le Chicago Tribune (1936) puis un roman posthume en 1969.

The Penguin Pool Murder (Un meurtre à l’aquarium paru en 1932 en France) est une intrigue sur les chapeaux de roue dans le New York du krach boursier de 1929.

À la fin octobre 1929, la bourse de New York s’effondre, et des milliards de dollars sont perdus. À la mi-novembre, Hildegarde en visite avec sa classe à l’aquarium de New York, près de Battery Park, est mêlée à la découverte du corps de Gerald Parker, gestionnaire d’une firme d’investissements boursiers, dans le bassin des manchots.

Sur place, Gwen Parker et son ex-petit ami, Philip Seymour; un pickpocket, Chicago Lew; une dizaine d’élèves, un directeur d’aquarium obséquieux, un inventeur scientifique norvégien, un avocat avec un béguin.

L’inspecteur de police, Oscar Piper, irritable et bourru, mène la recherche d’indice et l’interrogatoire des témoins de façon cavalière. Il est rapidement l’objet d’une rebuffade vive par Hildegarde Withers. Les deux feront ensuite équipe pour résoudre le crime.

HIldegarde est vive et observatrice. Elle prend part activement et intelligemment à l’enquête. Elle est l’opposée de la détective de fauteuil, Miss Marple, mais tout aussi attachante et intuitive.

Publié en 1931, « The Penguin Pool Murder » décrit les premiers mois de la grande dépression avec doigté et une lucidité adroite. Il y a encore un peu de naïveté, d’espoir que tout rentrera dans l’ordre, mais aussi une ombre un peu sinistre et un cynisme insidieux ambiant.

Humoristiques et un peu rocambolesques, les débuts d’Hildegarde Withers sont un trésor méconnu qui vaut la peine d’être découvert.

The Penguin Pool Murder est toujours disponible en anglais. Un recueil des huit premiers romans de la série est disponible en compilation numérique à petits prix pour liseuse Kindle ou liseuse Kobo chez leslibraires.ca

L’édition imprimée française est plus rare, des recherches de prêt entre bibliothèques ou des catalogues de librairies usagées sur Abebooks sont nécessaires. 

Un hommage intéressant et très complet de l’écrivain Steven Saylor à Stuart Palmer et son héroïne Hildegarde Withers peut être lu sur le site de l’auteur.

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