


Je suis dans la catégorie de lectrice dont la bibliothèque personnelle possède plus de livres que je ne pourrai en lire de toute ma vie.
Mes raisons d’abandonner ou de mettre en pause la lecture d’un livre sont nombreuses et vastes.
Deux titres de mes lectures d’octobre sont passés au couperet.
Je n’avais pas lu Peter May encore. Sa mort, le 25 septembre dernier, a remis au-dessus de la pile à lire, sa bibliographie, en particulier sa série chinoise. Les titres de la série sont disponibles en traduction française à ma bibliothèque.
Puisque c’est mon premier May (malgré que je préfère lire un titre dans l’édition originale si possible, particulièrement l’édition originale anglaise) j’emprunte « Meurtres à Pékin » à ma bibliothèque publique.
Publié originalement en 1999, en français chez Le Rouerge en 2005 et réédité en 2007 chez Actes Sud dans la collection Babel Noir (mon exemplaire), c’est le premier roman de May dans sa série chinoise, campé dans la Chine de 1999, après les évènements de 1989 (Tian’anmen)
May décrit une Chine contemporaine de la date de publication originale, d’un point de vue extérieur.
« Meurtres à Pékin » commence promptement, les personnages sont introduits sommairement, mais adéquatement.
Margaret Campbell, médecin légiste, venue prendre refuge en Chine pour un court séjour académique, doit faire face, dès son arrivée, à une société dont elle ne connait rien . Elle n’a aucune raison d’être là, autre que la commodité de la distance des problèmes qu’elle fuit.
Li Yan, fraîchement promu commissaire divisionnaire adjoint de la Section no 1 du département des enquêtes criminelles de Pékin, est plongé dans la résolution de trois meurtres dès sa première journée.
Trois meurtres, une autopsie d’un brûlé, la spécialité de Margaret Campbell. Tout cela dans les cent premières pages. Le choc entre les deux personnages principaux, entre deux cultures, l’attraction récalcitrante entre les deux, l’intrigue coule bien. Ajoutez des repères historiques de la Révolution culturelle chinoise, un entourage familial attachant (oncle Yifu), après 150 pages, je suis accrochée.
Puis… arrive la collision frontale. La traduction sombre dans une vulgarité et un langage macho pour bien camper la relation entre Li Yan et son meilleur « chum » Yongli dans un bar de karaoké où l’amoureuse de Yongli, une prostituée, chante. C’est inutile, barbant et je suis éjectée brutalement de ma lecture.
Il y a plusieurs années, j’aurai poursuivi la lecture malgré mon malaise.
Je ne le fais plus.
Il y a tellement de livres, d’histoires qui ne me donnent pas des haut-le-cœur, qu’abandonner celui-ci est possible, nécessaire. Je pourrai tenter de trouver l’édition originale anglaise à petits prix sur le marché usagé ou numérique éventuellement. Pas tout de suite.
Une traduction bancale, un choix éditorial de niveau de langage, l’utilisation de slang ou d’argot sont sur ma liste de raisons d’abandonner la lecture d’un livre.
Presque au haut de la liste.
Il arrive que l’abandon soit plutôt le résultat des circonstances et que le livre ne corresponde pas aux émotions ou aux sensations désirées au moment de la lecture.
Après mes lectures dans l’univers de My Happy Mariage, ma découverte de Stuart Palmer et ma dépendance à «L’atelier des sorciers », j’avais besoin d’une lecture drôle, mais captivante.
Je suis une passionnée des livres numériques numériques à petits prix. Ma liseuse Kindle est une immense bibliothèque, je peux choisir presque au hasard.
« The Disaster gay Detective Agency » de Lev Ac Rosen, publié en juin dernier, remplissait assez bien mon envie d’une intrigue humoristique, captivante, un brin décalée, dans le genre « Only Murders in the Building », mais dans un hôtel new-yorkais.
Ce titre cochait toutes mes cases: humour, policier, New York.
Puis, après quelques dizaines de pages, pas de frisson, de rires.
Le « style camp » ne me rejoint pas.
Seulement le sentiment de «pas le bon livre pour ce moment. »
C’est un abandon temporaire, j’y reviendrai.
Toutes nos raisons sont bonnes pour interrompre une lecture (sauf si elle est obligatoire).
Mes souvenirs de la lecture de « Bonheur d’occasion » me hantent encore des décennies plus tard et teintent encore ma perception de l’œuvre de Gabrielle Roy, pourtant si riche.
Quelles sont vos raisons d’abandonner une lecture ?
Est-ce que vous pouvez abandonner une lecture ?

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