



Immersion dans l’univers de « My Happy Marriage » de Akumi Agitogi et la mythologie « Cendrillon »
Publiée en série de « light novel » depuis 2019, la série, créée initialement sur une plateforme de romans écrits par les utilisateurs « Devenons un romancier », a été rapidement adaptée en manga (2018).
Une série d’anime (deux saisons disponibles, 2023 et 2025) et un film, toujours en 2023.
Succès auprès d’un public jeune adulte surtout, le manga et les romans attirent l’œil par leurs couvertures romantiques, aux tons pastel. Un contraste frappant pour le genre de la « Romantasy » qui tend vers une image plus ténébreuse, comme pour les séries de Jennifer L. Armentrout et Sarah J. Maas.
My Happy Marriage permet un moment de lecture court (manga) ou moyennement court (roman) avec des repères bien enracinés dans notre inconscient culturel. Un moment de lecture plaisant pour les lectrices (soyons réalistes) de novices à émérites.
Dans un Japon où les talents surnaturels sont les fondations de l’empire, Miyo Saimori, scion d’un mariage politique vit comme une servante dans sa famille, car elle n’a aucun talent surnaturel.
Après le décès de sa mère et le remariage de son père avec son amour de jeunesse, Miyo existe dans la misère et la privation. Elle essuie les abus de sa belle-mère et de sa demi-sœur, elle survit l’indifférence de son père.
Son unique soutien vient d’un ami d’enfance, Kōji Tatsuishi, deuxième fils d’une famille affiliée aux Saimori. Celui-ci, quoique doux et fraternel, abandonnera Miyo pour sa demi-sœur dans un mariage arrangé imposé. Miyo est expédiée comme fiancée possible d’un commandant militaire d’une famille noble dotée de talents surnaturels imposants qui rejette ces fiancées « volontaires » une après l’autre.
Clichés par-dessus stéréotypes, les motifs et les thématiques de ce genre de mélodrame fantastique sont des archétypes qui peuvent très facilement sombrer dans un kitsch démodé.
L’orpheline, dénuée de protection, abusée par sa famille n’est pas un thème nouveau. La fable de « Cendrillon » est aussi ancienne que la littérature. Le Dit d’Ochikubo (Ochikubo monogatari), d’un auteur inconnu de la fin du Xe siècle, est le texte japonais semblable au conte de Cendrillon mais où la famille abusive encaisse la vengeance du prince.
Yexian, conte chinois de Duan Chengshi (IXe siècle).
Charles Perreault publie en 1697 « Cendrillon ou la petite pantoufle de verre ». C’est la transcription des œuvres orales du conte. Publié sous de multiples formes, le conte devient une ancre de la culture populaire. L’illustration de l’édition de 1862 de Gustave Doré est encore imprimée.
Jacob et Wihelm Grimm publient en 1812 leur transcription de Cendrillon, qui diffère largement du conte français.
Rashin Coatie, transcription de la version écossaise de Cendrillon par George Scott Douglas au XIX siècle.
Il existe une version canadienne-française (Cendrouillonne) et acadienne (la Cendrillouse ) du conte.
Un excellent article de Ronald Labelle dans Rabaska, revue d’ethnologie de l’Amérique française (v. 15, 2017) « Le conte de Cendrillon : de la Chine à l’Acadie sur les ailes de la tradition » explique les origines, les variations et les adaptations des différentes communautés. Ces « Cendrillon » sont loin de la représentation commerciale de Disney déployée depuis 1950.
My Happy Marriage a donc des racines immémoriales et procure un moment agréable quelque soit le format : manga, roman, anime ou film.
Où trouver les différentes formes de « My Happy Mariage » de Akumi Agitogi.
Si votre bibliothèque publique n’a pas ces titres vous pouvez suggérer l’achat.
Romans
My happy marriage. Éditions VEGA, 2025-. BAnQ, Les Libraires (Édition française)
My happy marriage. Éditions Yen On, 2022- Les Libraires (Édition anglaise)
Roman audionumérique (édition anglaise)
Mangas
Éditions Kurokawa, 2023-
BAnQ
Numérique édition française
BAnQ
Square Enix Manga
Les Libraires imprimé et numérique édition française
Indigo imprimé et numérique édition anglaise
Anime
Saison 1 et saison 2 sur Netflix.
Film
« My happy marriage » de la réalisatrice Ayuko Tsukahara avec comme acteurs Red Meguro et Mio Imada est d’un accès limité en Amérique du Nord, mais peut être assez facilement trouvé sur YouTube ou Dailymotion avec sous-titres anglais.

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