



« La lecture libère, apaise et justifie le besoin de solitude dans un monde saturé de bruit et de faim. » Orlando Ceide, sociologue. Cinq femmes pour m’extirper de mes lectures viriles. La Presse, 26 décembre 2025.
« Pourquoi ce qui se dit dans un livre, quel qu’il soit, nous touche-t-il au cœur plus profondément (ou en tout cas autant) qu’une belle rencontre? » Christilla Pelé-Douël. Ces livres qui nous font du bien: invitation à la bibliothérapie. Marabout, 2017.
Lire pour…
Guérir.
Comprendre.
Pleurer.
Réfléchir.
Imaginer.
Les livres soignent sans jugement, sans parti pris. Ils ouvrent des portes et des fenêtres pour nous permettre de nous promener en toute liberté dans des réalités différentes de la nôtre, de visiter des mondes qui nous aident à apprivoiser nos peurs, nos désirs.
Ils nous assistent pour nommer nos frayeurs, nos angoisses, surmonter nos abattements, nos chagrins, nos colères.
Il y a un ou des livres pour des moments précis, souvent inattendus.
Je me suis plongée dans la lecture d’albums et de romans jeunesse de Simon Boulerice cette semaine en prévision de la causerie à la bibliothèque, ce vendredi des journées de la culture.
Simon Boulerice est un touche à tout, un éclectique magistral. Théâtre, contes, chroniques littéraires, chroniques d’essai complètement farfelues, mais oh combien satisfaisantes.
Un auteur qui imagine, échafaude et combine émotions, fantaisie, mélancolie, coup de poing au ventre et ritournelles obsédantes.
Fantaisie avec les romans illustrés « Au beau débarras » où l’on croise des visages familiers, des quêtes qui se terminent bien, au son de la musique des clés du concierge dansant.
Rayon de lumière réconfortante dans « Un ami lumineux » et coup de poing de mélancolie et tristesse dans « Déjeuner avec papa : recueil de napperons ».
Ma vie au micro-ondes : récit d’infortunes culinaires rassemble et raboute ensemble tous les Simon.
J’ai ri, j’ai essuyé une ou plusieurs larmes, j’ai chantonné et je me suis reconnue dans ce récit empreint de souvenirs, d’infortunes imaginées et réelles, d’angoisse et de sauve-qui-peut devant la vie et notre incapacité réelle et inventée devant une recette.
Simon n’est pas seul, j’ai fait cuire un bol Tupperware, pas dans le four, mais sur un rond de poêle.
J’ai passé une excellente semaine malgré la fin de l’été et l’arrivée de l’automne.
Défi de lecture estival suite et fin
Les défis de lecture sont faits pour être modifiés, changés, même détruits. Les attentes de performance n’y ont pas leur place.
J’ai passé un été fantastique avec Agatha, Hercule, Tommy, Tuppence et Veronica Speedwell.
J’ai pris la poudre d’escampette dans le trou de lapin du dernier Fred Vargas.
J’ai voyagé au royaume de Li pour un, deux, trois tomes des « Carnets de l’apothicaire ».
J’ai suivi les pas de Luo Wenzhou, Tao Ran et Fei Du dans la métropole de Yancheng où corruption, crimes et privilèges règnent.
J’ai aussi appliqué mes droits de lectrice d’abandonner un livre, même si cela me brise un peu en dedans.
Les luminaires attendra un autre été pour être terminé.

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