IA, le monde littéraire et la lecture 2/3

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Et les auteurs/autrices dans tout cela ?

Il semble que le genre littéraire de la romance soit devenu le « canari dans la mine ».

Deux autrices de romantasy ont été prises sur le fait. Des pages de leurs livres, publiés, contenaient encore des extraits de leurs requêtes à ChatGPT.

Toutes les deux, K.C. Crowne et Lena McDonald, ont vu leurs utilisations de plateformes LLL (Large Language Model) comme ChatGpT, mises à nu dans lors de la publication de leur livre. Des « prompts » malencontreusement laissés dans le corps du texte ont divulgué l’utilisation des LLL pour, par exemple, réécrire dans le style d’autrices qui publient dans le même genre littéraire.

McDonald a justifié l’utilisation de l’IA comme une aide à l’édition et la restructuration de partie de son livre. « The truth is, I used AI to help edit and shape parts of the book, (…) I simply can’t afford a professional editor, and I turned to AI as a tool to help refine my writing. »

K.C. Crowne dit utiliser, à l’occasion, l’IA comme technique de remue-méninges ou pour aider à briser le syndrome de la page blanche. « I only use AI-assisted tools in ways that help me improve my craft while fully complying with the terms of service of publishing platforms, to the best of my ability.

K.C. Crowne publie en format numérique et papier, plus de dix titres par année avec la plateforme de publication d’Amazon. La profusion de la production, l’utilisation de pseudonyme, et un site web minimal ont nourri les spéculations sur l’identité de la personne derrière le nom.

Une entreprise qui emploie de multiples auteurs? Cela n’est pas nouveau.

Carolyn Keene, autrice présumée des « Nancy Drew » les « Alice » en traduction française, était un regroupement d’auteurs anonymes, créé par le Stratemeyer Syndicate, une entreprise américaine qui produisait des livres jeunesses en série en profusion, au début des années 1900.

Une entreprise qui, maintenant, emploie l’IA pour générer une production en masse de romances ? Possible.

Nous sommes au début de l’utilisation des outils numériques de type LLL. OpenIA a donné accès à ChatGPT en novembre 2022. Utiliser les outils numériques disponibles pour aider la grammaire, l’orthographe, etc., est maintenant une évidence et devenu nécessaire.

Éditer, reformuler, réviser. Ce sont toutes des actions que les agents conversationnels peuvent effectuer.

C’est un tout nouveau terrain de jeu.

Un carré de sable à expérimenter, oui, mais de façon responsable et transparente.

Les maisons d’édition et les créateurs naviguent à vue. Les frontières entre le soutien et l’aide à l’édition de texte par l’IA versus la création de pans entiers d’œuvre par l’IA par des requêtes des créateurs sont floues et brumeuses.

Deux cas récents nous forcent à nous poser plusieurs questions.

« Shy Girl » de Mia Ballard, publié à compte d’auteur et dont les droits avaient été rachetés par Hachette, a vu sa publication annulée aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le livre aurait été rédigé par l’IA.

Dans un article du New York Times en février dernier, Coral Hart, qui écrit des romances sous vingt et un (21) pseudonymes, affirme produire un roman en quarante-cinq (45) minutes avec l’agent conversationnel Claude d’Antropic. Coral Hart est aussi un pseudonyme utilisé pour son entreprise de cours et de coaching d’écriture de romans avec l’IA.

À lire aussi
« No, AI written romance novels are not inevitable » Gita Jackson. Aftermath. 12 février 2026.
« Is it wrong to write a book with A.I. ? » Joshua Rothman. New Yorker. 3 avril 2026.

À venir: Et l’aide aux lecteurs dans tout cela ?