Moment de répit littéraire. « L’été est court, lisons beaucoup! »

Un gros quatre heures de lecture.

Entrecoupées d’une nuit de sommeil.

Un déjeuner rapide et de retour, avec un café, dans la lecture

Quatre heures de bonheur.

De petits rectangles verts de post-it que je pose page par page.

De sourires et des « oh, il faut que je trouve cet album ».

Les « est-ce que ce titre existe en anglais » parsèment la lecture du volume 2 de la série « La librairie du vendredi » : Un été aux bulles de soda.

Mes libraires préférés de 2026 sont de retour pour une saison estivale où « La chef de la librairie où l’on déniche à coup sûr le livre qu’il nous faut est décidément redoutable » dans un récit en quatre temps.

Le premier tome, Un printemps au goût de mochi, a introduit les personnages, l’atmosphère, les lieux. Sawako Natori avait disséminé les grains d’une intrigue. Jin, le quatrième membre, absent du club de lecture du vendredi, dont la bibliothèque personnelle était en accès libre dans la librairie. Le politicien Ôtani Masanori, ses combines politiques.

Le deuxième tome nous amène dans le cœur de l’intrigue tout en conservant la délicatesse, la fantaisie et la sensibilité des récits du tome premier, mettant de l’avant l’impact de la lecture sur notre cœur, notre vie, notre conscience.

« La lecture avait cela d’étrange qu’elle faisait immanquablement surgir, quel que soit le livre que l’on ouvrait, un passage écrit pour nous. À moins qu’à l’inverse ce ne soit nous qui sachions le reconnaître. »  Un été aux bulles au soda, p.115-116

Mon récit préféré « Qui va rassurer le tibou ? » est une histoire en elle-même avec une introduction, un point tournant, un point culminant et un dénouement, mais aussi une ouverture et une préparation pour le récit suivant : « L’été est court, lisons beaucoup ! ».

« On ne peut changer ce que ressentent les autres, mais on peut combler le vide de son propre cœur. » Un été de bulles au soda p.140

La traduction française de Malthide Bitsch et Jean-Baptiste Flantin coule bien et Yasu est beaucoup plus agréable (moins d’argot et de slang) dans ce deuxième tome.

Sawako Natori introduit l’idée qu’un marché aux vieux livres flotte dans le ciel et que tous les livres sont liés.

Voici donc ma liste des titres à découvrir après la lecture de « Un été aux bulles de soda »

Tove Jansson. Qui va rassurer le tibou ? (Glénat, 2009). Paru sous le titre « Qui rassurera Truffe ? » au Québec chez Le Lièvre de Mars en 2018.

Tove Jansson, récipiendaire du prix Hans Christian Andersen, plus haute distinction au monde en littérature jeunesse, en 1966 est une artiste (peintre, autrice, illustratrice) connue pour l’univers de trolls et de créatures magiques qu’elle a créé « Les Moumines » après la Deuxième Guerre mondiale. « Qui rassurera Tibou » est une oeuvre périphérique à l’univers de Moumines.

Les célèbres personnages de la famille Moumine, la Couraboue, les Émules, les timouchons font des apparitions, mais Tibou (Truffe) est le personnage central, un petit troll apeuré de tout et la nuit le met dans tous ses états. Il a besoin d’être réconforté et rassuré. C’est un bel album sur le manque de confiance et comment trouver la force en soi d’aller vers les autres.

« Mais qui rassurera Truffe en lui disant la vérité : « Tu ne trouveras jamais d’amis, si tu ne fais que te cacher. » Qui rassurera Truffe ? p.7

« C’est l’histoire du tibou, qui éprouve un vide dans son cœur – ce vide qui existe en vous comme en moi, et probablement en n’importe qui. Or, cet album me semble parler de la façon de le combler ». Fumiya. Un été de bulles au soda, p.117

L’histoire est inspirée de la lettre d’un petit garçon à Tove Jansson qui lui a confié qu’il avait peur de tout.

« C’est un album jeunesse qui explique l’importance de remplir soi-même son cœur. » Fumiya. Un été de bulles au soda, p. 140

France Culture a produit une adaptation audio des aventures de Moumine le troll en 1993 dans la série « Les histoires du Pince-Oreille »

Tomihiko Morimi. La nuit est courte, marche, jeune fille !, 2008. Inédit en français, mais disponible en langue anglaise « The Night is short, walk on Girl ! » paru en 2019. Mon exemplaire est en route.

La porte de l’été de Robert Heinlein est la toile de fond du quatrième récit « Une porte pour toi ». Heinlein n’est pas un de mes auteurs favoris, mais, comme le dit si bien Fumiya : « Certes, la lecture, c’est la liberté, et chacun est en droit d’interpréter un récit selon son ressenti. » Un été aux bulles de soda, p.118