


« La cour de France, ça se rapproche beaucoup des réseaux sociaux, lance Nicholas Dion sur un ton amusé, avec ces gens constamment en représentation, travaillant à construire une image de soi ne correspondant pas à la réalité. »
Nicholas Dion, professeur de littérature à l’Université de Sherbrooke. Faut-il relire… Madame de La Fayette ?
Inspiré de «It’s Friday, what are you reading? » #FridayReads de LibraryThing, le rendez-vous hebdomadaire des membres de Listy et LibraryThing.
Pause du défi « brique ».
Quelques fois, il faut changer le rythme et le format de lecture pour continuer à lire.
Une seule lecture cette semaine, l’adaptation en roman graphique de « La princesse de Clèves » de Madame de La Fayette.
Ce roman, publié en 1678, anonymement bien sûr, car les femmes écrivains ne publiaient pas sous leurs noms, est devenu un classique et est toujours pertinent, quoique qu’en pense Nicolas Sarkozy.
Un article d’André Lavoie dans Le Devoir, le 28 juin 2025, posait la question « Faut-il relire.. Madame de La Fayette ? »
Et bien oui.
Dans le texte intégral ou en roman graphique, même en traduction anglaise du roman graphique.
En format numérique ou audionumérique ou balado.
La magnifique édition, grand format et illustré, paru chez Gallimard en 2018.
L’adaptation en roman graphique est ma troisième lecture de « La princesse de Clèves »
Une première lecture obligatoire dans ma vingtaine m’avait laissé un bon souvenir, mais sans plus.
Ma relecture en 2014 a été une découverte et d’une pertinence renversante.
Écrit durant le règne de Louis XIV et se déroulant à la cour d’Henri II, le roman de Madame de La Fayette réussit à nous montrer des personnages pris dans une cage construite par leurs propres mains avec des conséquences tragiques et singulières.
Amour non partagé, jalousie. Découverte de l’amour passion et comprendre que vous préférez renoncer à cette passion, car l’amour parfait ne dure jamais.
Manipulation sociale, soumission morale. Garder sa place dans ce monde où un seul pas hors de la norme devient suspicieux et vient avec un coût social terrible et jusqu’à votre vie.
Cela sonne comme un déjà vu. La cour d’Henri II ou les réseaux sociaux, les parallèles sont possibles.
« Si vous jugez sur les apparences vous serez souvent trompée; ce qui paraît n’est presque jamais la vérité. »
Ces paroles de Madame de Chartres à sa fille sont graves, un peu sinistres et d’un rationnel redoutable.
L’adaptation graphique de Claire Bouilhac et Catel Muller est magnifique.
Les intrigues de la Cour.
Les allées et venues des courtisans.
Les mensonges et demi-vérités.
Les sourds périls.
Les ragots deviennent des armes dangereuses.
Manipulation, soumission, désir, regret.
Tout est là.
À lire en écoutant « La princesse de Clèves » musique romantique française joué par l’Orchestre de Chambre Nationale de Toulouse.
Disponible chez Naxos Music Library via BAnQ

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